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Grossesse d’infertile

Ou devrais-je dire grossesse de femme stérile mais je n’arrive toujours pas à me dire que désormais, je ne pourrai jamais plus espérer un « miracle » sans l’aide de la PMA. Bref, passons, ce n’est pas l’objet de ce billet.

Aujourd’hui, j’entre dans mon 3ème mois de grossesse (tu le vois pas là mais rien que de l’écrire, j’ai un sourire idiot accroché aux lèvres) et j’attends impatiemment mon échographie de datation du premier trimestre (et les analyses génétiques) afin de commencer enfin à desserrer un peu les fesses et savourer pleinement mon état de femme enceinte.

En parlant d’état, je constate que de par mon passé, certains de mes proches (pas tous heureusement) ont des réactions qui me renvoient inlassablement à mon statut de PMette.

Cet enfant cela fait 8 ans que mon mari et moi l’attendons. 8 ans de galère, de RDV médicaux, de larmes, de piqures, d’opérations et j’en passe… Alors oui, il n’ y a pas de doute possible, ce bébé est bel et bien désiré.

Cependant, croyez-moi qu’on aurait vraiment préféré que ce bébé arrive de manière « naturelle », sans aide médicale. Alors quand j’entends que je devrais apprécier encore plus cette grossesse du fait que le parcours pour arriver jusque là a été difficile, je dis non. Bien que je comprenne le sens de cette phrase, elle ne peut s’appliquer dans ce cas précis. Passer par 2 GEU, des opérations d’urgences avec ablation de mes 2 trompes me faisant passer de femme infertile à femme stérile, c’est un parcours que je ne souhaite à personne et qui ne rend pas cette victoire encore plus belle. Au contraire, elle aura laissé des traces, des traces dans ma vie de femme, dans mon couple. Attention, ne vous méprenez pas, je suis extrêmement heureuse d’être enfin enceinte mais cet adage ne peut avoir de sens dès lors qu’elle touche la santé, la procréation.

J’ai remarqué aussi qu’il m’était formellement interdit de faire part de mes petits maux de grossesse (seins douloureux, nausées etc…) OUI OUI ET OUI, bien évidemment, que je suis heureuse de ressentir ces symptômes qui me rappellent que je porte la vie, mais, sous prétexte que je ne suis pas tombée enceinte « naturellement » (et rapidement), je n’ai absolument pas le droit de dire que ces petits maux sont parfois un peu pénibles. Ben oui, cet enfant je l’ai tellement voulu que j’ai juste le droit de me taire…

Aussi anodin que cela puisse paraître, cela me touche car j’ai l’impression, une fois de plus, de ne pas être « normale », d'être une femme enceinte "illégitime".

Passer par la case PMA pour pouvoir être parents c’est déjà difficile et douloureux alors il n’est pas utile de nous appliquer une « double peine » à savoir ne pas nous laisser le droit d’être angoissés et paniqués à l’idée qu’enfin, notre vie va changer. Oui je le répète, on l’a voulu, on l’a ardemment désiré et nous souhaitons vivre cette grossesse comme tout le monde et sans qu’on nous renvoie inconsciemment à notre combat pour en arriver là.

Je me dis même que parce que  je suis passée par la PMA,  je n’aurai alors pas le droit d’être fatiguée quand bébé ne fera pas ses nuits… Vous l’avez voulu ? Alors taisez-vous. Injuste n’est ce pas ? Non ? Si ?

Malgré cela, je sais que je suis bien entourée et que ces phrases sont surtout "maladroites" et qu'elles ont pour but principal d'être "bienveillantes".

Bref, ce que j’essaie de dire c’est qu’on ne sort jamais indemne de la PMA que l’issue soit positive ou non. C’est gravé en nous et je me rends compte qu’au final, c’est également ancrés chez nos proches qui ont suivi notre parcours et que sans le vouloir, ils nous rappellent que cet enfant tant voulu n’a pas été conçu sous la couette mais en éprouvette.

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Tag(s) : #2017, #FIV, #Grossesse, #PMA

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